Chaine_du_ManasluMontons ! Apres le départ des parents et de Nico, c'est fini les fêtes, les douces retrouvailles avec la famille, et le confort de Pokhara : notre duo se reforme et reprend la direction des cimes. Assoiffes de sommets, nous refusons de passer de l’Annapurna au Langtang sans jeter un coup d’œil aux massifs du Manaslu et du Ganesh Himal. Il y a bien une route directe par le sud, mais les vallons et collines, ca n’est pas notre tasse de the. Nous, ce qu’on aime, c’est traverser les alpages, aller toucher un brin de caillasse en altitude, ou mettre le nez dans les neiges éternelles qui frôlent les glaciers. En quittant Besi Sahar, à 800m d’altitude, on est plein de belles illusions !

A quelques heures de marche du circuit touristique du tour des Annapurnas, Bambinsnous replongeons dans le Népal authentique. A l’entrée de Chitti, c’est un raz de marée de bambins curieux qui nous attend. Comme des stars américaines, nous prenons la pause. La pause the, on l’aura compris. Astrid n’en refuse jamais une. Il faut bien la réhydrater, la pauvrette ; elle nous a fait un torrent de larmes suite au départ de Nico.

“Vous allez ou ? Au Dudh Pokhari (littéralement : Le lac de lait) ? C’est par la.” Tout le monde s’accorde pour Cartedonner la direction du nord. Ouf. Sauf que la carte, elle, n’est pas du tout d’accord. Qui croire ? Trop vite empêtrés dans la jungle, on se rend compte que la loi du nombre possède une variable souvent prépondérante dans l’équation. L’explication est simple, mais on mettra quelques jours a la comprendre. Les Dudh Pokharis, c’est comme les lacs Blancs en France : il y en a partout !

Il faut donc replonger de 1000m, changer d’arête, remonter a 2500m.Jungle “Dudh Pokhari ? Not possible ! Too much cold.” Pff, même pas peur. Au dessus du village de Tadje, ca n’est pourtant pas le froid qui nous arrete. Apres 3h de montée dré dans l’pentu, on se retrouve sur un sentier si peu fréquenté qu’on se demande toujours si ca n’est pas une légende… Les chemins du coin, c’est comme les léopards : tout le monde en parle et a un pote de copain qui les aurait entre-aperçus ; mais ceux qui les ont vraiment vus, on les cherche encore.

ChampsAllez, fini les bêtises, nous passerons par le sud. Un dernier coup d’œil au somptueux - mais inabordable - Manaslu, et on redescend. De toutes façons, le sud aussi, c’est joli, hein ? Les champs, les villages accueillants, les collines… Et puis les chemins sont si larges qu’ils pourraient permettre a une armée de quads en furie d’avancer de front (hein Yann ?).

Concernant les cimes, nous ne désesperons pas. Au pied du Ganesh Himal, on remet ca. OnBalai monte, dernier village, jungle épaisse, plus de chemin, toujours pas de léopard, on redescend, passage au sud. Quant a l’armée de quads, elle a du se dégonfler en nous voyant débarquer… Je jette l’éponge, lâche la carte et jure contre la boussole. Pour une fois qu’on a un peu d’orientation a faire, j’arrive a nous perdre deux fois : huit jours de détour a se taper.

Les rencontres que nous faisons nous réconfortent. Bim, Susilla, Pradam, Sonia, Sunil : nos journaux sont remplis d’adresses de familles chez qui on passe quelques heures ou une nuit. En chemin, on nous interpelle. Rires“Hello Babu ! Namaste Didi !” (Salut mon pote, bonjour grande sœur !). Quand on répond par quelques mots de népalais, c’est l’euphorie. Tout le monde éclate de rire. Facile, les Népalais sont toujours très bon public. Des grands gestes pour echanger (a défaut de connaissances en népalais), une glissade involontaire sur un tapis de feuilles mouillées, une séance de photos improvisee : il ne faut pas grand-chose pour faire tordre de rire une assemblée.

20 janvier. Nous sommes aux portes du Langtang. Lodges tout confort, itinéraire fléché (si, si !), météo parfaite ; ca a du bon les parcours touristiques ! D’autant plus que nous sommes hors saison : le pPatinagearc est a nous. En arrivant au Gosainkund, lac sacré perché a 4300m d’altitude, nous nous surprenons a nous contenter de notre short et de notre T-shirt en plein mois de janvier. Le lac est pourtant gelé ; a défaut de coéquipiers pour y faire un match de foot, on offre aux montagnes qui nous entourent une séance gratuite de patinage artistique. Le bronzage aidant, Astrid ressemble de plus en plus a Surya Bonali et moi, ben je ressemble tellement a rien que je tends vers un Candeloro déguisé en Tarzan.

Lever_de_soleilAu col de Thadepati, le lever de soleil est une véritable merveille. Les premiers rayons surgissent de la chaine de l’Everest, notre prochain objectif. D’ici la, on rejoint Katmandou pour se reposer un petit moment et régler les problèmes de visas indiens pour notre future entrée au Sikkim. Pas de bol, l’administration indienne a Katmandou nous annonce un delai de 7 jours pour la délivrance du visa ! Ohhhh, quel dommage : il va falloir se reposer…

Alex