avant_jiri4 fevrier. Apres une semaine d'attente a Katmandou, visa indien en poche, nous reprenons le compte des kilometres. Notre mission : rejoindre la ville de Jiri, point de depart des sentiers pour le toit du monde, en evitant au maximum le bitume. Pari reussi ! En attendant de crapahuter sur les traces de Sir Edmund Hillary, nous traversons de gigantesques forets de pins qui feraient un chouette terrain de jeux pour un ultratrail, une course d'orientation, ou meme - pour vous prouvjiri2er qu'on n'est pas mono-maniaques - une petite promenade dominicale avec le toutou...Le probleme dans cette region de l'Himalaya, c'est que les montagnes ont pousse n'importe comment ! Au lieu de nous offrir de larges vallees a longer, pepere, c'est comme si toutes les montagnes avaient decide de nous barrer la route... Du coup, on arrete le compteur des kilometres - trop deprimant - pour brancher celui du denivele : +2000, -1500, +1800... Il n'y a pas photo, cette pause a Katmandou nous a fait du bien.

 

A Jiri, levue_everest1 compteur s'enraye : le facteur "tourista" entre dans la danse ! Merde, huit mois de marche en Inde et au Nepal et je ne suis toujours pas immunisee??? Il faut dire que ces derniers temps, nous avons creche dans des lieux qui feraient de bons clients pour une inspection sanitaire... Trois jours durant, Alex me traine litteralement sur les chemins. Puis, au detour d'un virage, nous apercevons enfin l'Everest : la guerison est instantanee. Nous courons desormais, impatients d'arriver a Namche Bazar, au coeur des montagnes, les vraies, celles qui flirtent avec le ciel !

 

Namche, c'est un peu Disneyland a la montagne... C'est a celui qui construira le lodge le plusnamche gros et le plus colore ! Nous sommes a 3400m d'altitude, a une semaine de marche de la premiere route, et pourtant, on trouve absolument tout ici, pourvu que l'on soit pret a payer le prix fort. En vrac : internet, boulangerie, machine a espresso, lave-linge, billards... On a cherche la grande roue mais on ne l'a pas trouvee, ca ne saurait tarder je suis sure ! Ici, 50% des lodges affichent leurs prix en dollars. Euh, et pour les fauches qui payent en roupies, c'est par ou??? Une journee de repos dans cet endroit delirant, puis nous nous ruons vers les hauteurs.

 

thame_valleyNous choisissons d'instinct la destination la plus sauvage de la region : ouverte au tourisme depuis 2002 seulement, la vallee de Thame est un veritable bijou relativement preserve par la folie contagieuse de Namche. A part quelques yacks et un himalayan tahr (sorte de bouquetin), personne ne vient troubler le calme de ces lieux enchanteurs. Nous marchons toute la journee d'un pas leger au milieu de sommets magnifiques. A quelques encablures de la, le Tibet nous tend les bras... (petite pensee pour Christophe !). Mais, boudeurs, nous l1er_lodgeui tournons le dos pour nous diriger vers les alpages de Nungden (4300m) ou nous comptons planter la tente. Des rafales de vent nous assaillent, et les temperatures se font plus hivernales. Par chance, nous tombons sur Nawang qui vient verifier que sa bicoque survit a la tornade. Au lieu de redescendre sur Thame comme prevu, il nous accueille dans son minuscumontee_renjo_lale lodge ou l'on apprecie de pouvoir se rechauffer les mimines au coin du poele. Il s'excuse de ne pouvoir nous offrir qu'un peu de riz et un maigre dal, mais nous sommes combles ! Toute la nuit, le vent souffle avec une telle violence que je n'ose imaginer l'etat de la tente (et de ses occupants) si Nawang avait decide de nous laisser nous depatouiller...

 

Le lendemain matin, le ciel s'est bien couvert mais ne semble pas menacant. Nous partons de bonne heure envue_gokyo direction du Renjo La (5300m), un col sublime et etonnament bien trace : quoi, il y a des GR au Nepal??? Malgre les nuages, la vue qui s'offre a nous est incroyable... Et ce n'est que le premier d'une longue serie de points de vue a 360 ! De l'autre cote du col, c'est Gokyo et le magnifique lac de Dudh Pokhari qui nous tendent les bras. Nous decidons d'y passer une journee pour explorer les environs. Et on n'est pas decus ! En ivresseremontant la vallee glaciaire vers le nord, nous decouvrons un panorama sublime sur trois 8000 - le Cho Oyu, l'Everest et le Lhotse - et un paquet de jolis 7000. Le ciel est d'un bleu qui vaut bien celui du Queyras (clin d'oeil a Yann...), meme si le vent, lui, a decide de rester squatter un peu. C'est la premiere fois que nous passons la journee sans notre maison sur le dos et nous sommes atteints par la folie des hauteurs ! On se sent legers et invincibles, prets a gravir le premier sommet qui passe. De vrais drogues en manque qui auraient recu leur kilo de pure...

 

Nous finissons la journee par l'ascension du Gokyo Ri (5350m) pour y contempler le couchEverester de soleil sur l'Everest. Indescriptible. Meme les photos ne rendent pas le dixieme de la magie du moment. Nous redescendons a Gokyo dans l'obscurite, en hurlant a tue-tete notre bonheur,Cho_la courant a moitie pour se rechauffer. Un veritable show dont les etoiles seront les seuls temoins... Puis nous partons en direction de la vallee de l'Everest, avec un passage de col qui s'annonce delicat. Le Cho La (5400m) a mauvaise reputation dans le coin. Il faut dire qu'il en impose : de loin, il ressemble a une muraille de caillasses totalement iCholatsenfranchissable. On en vient pourtant a bout, pour decouvrir un joli glacier de l'autre cote. Rien d'engageant, juste le bonheur de faire quelques pas sur la glace dans un univers de haute-montagne, miam... Brigitte, une Francaise qui nous accompagne pour la journee, n'est pas vraiment de cet avis : "mais il est ou le chemin?". On finit par arriver dans le petit lodge de Dzongla en fin d'apres-midi, ou nous attend encore une nouvelle surprise : la face nord du Cholatse, qui nous domine de toute sa hauteur. Une vraie forteresse !

 

vue_Kala_PattarPuis c'est au tour de Gorak Shep de nous montrer de quoi il est capable. A 5100 metres d'altitude, ce sont les derniers lodges avant l'Everest... L'ascension du Kala Pattar ("la montagne noire", 5550m) s'avere eprouvante car le vent refuse de nous laisser tranquilles. On est saoules, pas besoin d'alcool ici ! Le spectacle que nous offre l'Everest est pourtant inoubliable... Mais alors, c'est beau partout ici me direz-vous? Et bien la reponse est "oui !". Dans le Sagarmatha National Park, a chaque pas, on en prend plein la vue.

 

Le lendemain, c'est au tour du camp de base de l'Everest. Nous avons beaucoup hesite a y aller, car on nous avait pas tres bien vendu la chose... "Ce n'est qu'un bout de moraine d'ou on ne voit meme pas l'Everest!".camp_de_base C'est vrai. Mais nous, on a la tete remplie de recits incroyables sur l'Everest, et nous nous prenons a rever en imaginant les tentes qui s'installeront la dans quelques semaines, remplies d'alpinistes fievreux. Au vu de la temperature actuelle et des rafales de vent qui balaient le glacier, je ne les envie pas plus que ca finalement ;-) Meme si l'Everest ne daigne pas se montrer, le spectacle que nous offre le cirque n'en est pas moins impressionnant : le glacier est bleu turquoise et nous sommes cernes par des pics enneiges.

 

Kongma_LaLa porte de sortie, c'est le Kongma La, un col facile a 5560m d'altitude, que l'on a quand meme un peu de mal a gravir car la fatigue commence a se faire sentir : l'angine couve, nos mains ont triple de volume a force de tenter de resister au froid, et ce vent qui ne faiblit toujours pas ! Mais la vallee de Chukkung que nous decouvrons de l'autre cote du col nous fait oublier tous nos petits malheurs... Cette fois, place a la majestueuse face nord de l'Ama Dablam ! Nous nous rechaChukkung_Riuffons tant bien que mal dans un petit lodge glacial. Le lendemain, nous repartons pour l'ascension de notre dernier sommet : le Chukkung Ri (5550m d'altitude) que l'on atteint en 1h15 (je crois qu'on est bons niveau acclimatation la...). Au sommet, on se permet une derniere overdose de beaux paysages avant de redescendre tout schuss vers des altitudes ou les temperatures sont plus clementes. Apres ces neuf jours passes autour de 5000 metres d'altitude, dans le vent et le froid, nous sommes heureux de retrouver Namche et son confort ! Marco et Kim, deux Canadiens bien sympas rencontres dans les hauteurs, partagent notre joie. Eux ont trouve le remede : ils partent pour les plages thailandaises pour se remettre. Euh, Alex qu'est ce qu'on fout en Himalaya en plein hiver ???

 

Astrid

 

Desoles pour notre silence de ces derniers temps mais l'est nepalais est plus repute pour sa Tongma (alcool local) que pour ses connexions internet... Alex vous mijote un petit recit pour la suite, patience !