Astrid et Alex, duo des cimes en Himalaya

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29 août 2008

Au Ladakh, il ne pleut jamais... Vieux proverbe Bazaillien

IMG_7864        Après le super récit de Christelle et Alex sur le déroulement d’une semaine de trek avec les Bazailles, à notre tour de vous raconter ce qu’est un mois de trek au Ladahk avec les Bazailles... une fois Christelle et Alex partis! Notre objectif est simple: partir de Leh pour rejoindre le lac Tso Moriri, énorme lac naturel d’eau douce situé a environ 200 Km à vol d’oiseau. Comme cet objectif est trop simple pour des alpinistes comme nous…, nous avons ajouté quelques petites difficultés : l’ascension de sommets à 6000 mètresqui se trouvent par le pur des hasards sur notre chemin : le Stok Kangri (au début de notre trek), le Kang Yatse (au milieu) et les Mentoks (à la fin du trajet car on est sûrs que l’on ne sera toujours pas fatigués). La seule contrainte, faire ça en moins d’un mois car l’avion n’attendra pas!!!

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 Premier changement par rapport à l’ère Christelle et Alex : le poids du sac à dos. Entre le matos technique et la nourriture supplémentaire (et oui, plus question de s’arrêter manger midi et soir dans des petits restos...), nos sacs se sont un peu allourdis. Chacun de nous a plus de 15 Kg sur le dos... et encore on a limité nos envies en terme de nourriture. Nous nous limiterons au porridge le matin, nouilles chinoises le midi et riz le soir... Ce régime durera un mois! Hummmm trop bon.


    IMG_7769On attaque donc le trek en direction du Stok. Le camp de base avancé est à 3 jours de Leh dans une région assez parcourue par les treks Nouvelles Frontieres, Allibert et autre… Bref on est pas tout seuls et on a le droit a notre "Camping Charge" tous les soirs! Et oui ici on paye le camping même en pleine montagne! A qui me direz vous? Eh bien au premier local qui a le courage de faire jusqu’à 15km aller et retour pour venir vous la demander!!! Nous avons quand même eu la chance de pouvoir profiter pleinement de la beauté et de la tranquillité du paysage au camp de base avancé qui était désert. Perchés à 5400 mètres, nous aurons le coucher de soleil pour nous tout seuls, ce qui a donné une saveur toute particulière à notre plat de riz... euh non pardon, plat de pâtes! C’était jour de fête et surtout veille d’ascension, nous avons donc sorti l’unique kg de pâtes de notre sac et du fromage de yack pour l’occasion. Ascension parfaite, sauf pour Alexis qui n’a pas bien digéré le fromage de yack séché au soleil (bon pour les papilles mais pas toujours pour l’estomac...). Quelle petite nature ! mais l’excitation de gravir un 6000 avec un lever de soleil qui vient illuminer les pentes de neige l’emportera sur l’intoxication alimentaire. Timing parfait, on est les premiers au sommet et le panorama est extraordinaire.

 

     Mais bon un 6000, c’est pas grand chose pour un Bazaille! On repart donc après une petite sieste pour poursuivre notre trek. Ne voulant pas emprunter une vallée trop encombrée par les groupes, nous partons dans une vallée parallèle plus sauvage. Nous sommes accueillis comme des rois dans une magnifique petite bergerie, avec une salade de tomates et de concombres, que du bonheur. Cependant ça reste notre premier vrai repas depuis 5 jours! Dur dur le rythme Bazaille...

 

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Nous rejoignons Nimaling, après avoir remonté un superbe canyon et franchi un col qui offrait une vue magnifique et bien méritée sur notre prochain sommet le Kang Yatse. Il faudra quelques négociations pour obtenir un jour de repos avant d’attaquer le sommet. L’ascension nous a déjà été contée en long et en large par Alex mais la magie de la montagne opère toujours et cette fois-ci personne n’est malade ! Que d’émotions au sommet…


IMG_7984    Devant l’accueil décevant de la population locale à Nimaling, nous décidons de repartir le lendemain de l’ascension. Nous traversons une vallée interminable, il est 17 h, nous marchons depuis 8 h, aucun village à l’horizon et aucune source d’eau potable. Il faut poursuivre notre chemin. Après une heure de marche révoltée, la chance nous sourit. Nous arrivons dans une famille très accueillante qui nous sert dans la vaisselle des jours de fête et nous loge comme à l’hôtel. Ca fait trop plaisir... Avec un tel accueil, dur dur de repartir le lendemain mais Alex et Astrid nous vantent depuis des jours et des jours les nombreux Mac Do, Pizza Hut et autres supermarchés vendant de la vraie nourriture dans le prochain village de Rumtse. Après la dure journée d’hier, deux solutions pour atteindre ce village, celle d’Astrid et Alex en marchant (évidemment) sur la route et celle des faignants-tricheurs (devinez qui), en stop... L’avantage du stop c’est qu’on s’est rendu compte beaucoup plus vite qu’Astrid et Alex qu’il n’y avait rien à Rumste... ni Mac Do, ni Pizza Hut, ni supermarché. Tout juste un petit resto de routier et un shop ne possédant que du riz et des gâteaux secs... Comment ça, les Bazaille nous auraient menti ???

 

IMG_8144   Le lac Tso Moriri n'est plus qu'à huit jours de marche, huit jours de désert où nos chances de trouver des maisons et des bergeries sont quasi nulles. Le sac plein a craquer de riz, nous attaquons cette dernière ligne droite sous un gros crachin breton. Pas une seule journée sans pluie, neige, vent ou autre grêle! Les après-midi sous la tente sont bien longues, notre seule activité étant la cuisson de notre délicieux riz au lait pour le lendemain matin. La motivation en prend un coup. Les cols sous la pluie se succèdent et les nuages jouent avec nos nerfs, nous obligeant à monter la tente le midi pour faire cuire notre Maggi Soupe. Nous ne sommes pas seuls à avoir cru qu’au Ladhak il fait toujours beau. Nous sympathisons avec un groupe de Français qui emprunte le même trajet avec une agence. Leurs mules portent bien trop de nourriture pour leurs 5 petits estomacs, nous nous sacrifions le midi pour finir leur "lunch box" jusqu'à la dernière miette…

 

IMG_8155    Le lac pointe finalement le bout de son nez après 7 jours. Un petit village avec tea-tent, resto et Guest House nous attend. Nous y passerons la plus mauvaise nuit de tout le trek. La nuit à Korzok, les chiens sont rois et ils le font savoir : leurs hurlements dechirent le silence du coucher de soleil a l'aube...

 

   

IMG_8231    Il nous reste 7 jours avant notre retour en France. Mais le mauvais temps a déposé une belle couche de neige fraîche sur les Mentoks qui restent dans la purée de poids toute la journée. La décision s'impose, il faut abandonner les ascensions. Que faire? Attendre 7 jours à Korzok pose un gros problème : nous n'avons pas des boules quiès pour tout le monde... Le retour à Leh est donc la meilleure solution. Fini les longs jours de marche, à nous les kms en VTT au départ de Leh, après avoir profité de la bonne bouffe pendant deux jours!

 

 
    Bon courage pour la suite les p'tits Bazailles! Euh petite question : on peut revenir quand ??? Car c’était dur mais c’était magnifique et inoubliable!


Nico et Alexis

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13 août 2008

Du haut des cimes

Astrid1er aout 2008. 5400m. 2h du mat. Nuit execrable. L'altitude ? Non, c'est nos jambes qui fretillent a l'idee de gravir notre plus haut sommet. Nous nous reveillons au camp de base avance du Kang Yatse, petit lit de rocailles sous l'immensite du ciel etoile. Astrid, force-toi a manger ce reste de pates froides trempees dans le lait en guise de petit dej' s'il te plait : on ne monte pas a 6200m le ventre vide ! Nous chaussons les crampons a 15 min de notre camp, pour ne plus les lacher avant le retour.Stok_Kangri

Si l'ascension du Stok Kangri (6100m) une semaine plus tot nous avait paru particulierement simple (pentes de neige, caillasses, pas de crevasse...), celle du Kang Yatse ne sera pas depourvue de quelques frayeurs pour le novice que je suis. Ma derniere experience montagne, c'est l'aiguille du Tour en 2006...

Ici, le glacier est raide. Il faut dire aussi que la nuit sans lune ne nous aide pas a tracer notre route convenablement. Nous franchissons quelques crevasses, Alexis y met un pied : "Tends la corde, Alex !". On reste calme et on obeit. C'est fou la serenite qu'on peut acquerir en montagne apres quelques mois de trek.

Paysage5h. Les premieres lueurs du jour, dans ce ciel sans nuages, nous offrent une vue superbe sur les sommets alentours. Nous nous amusons a deviner le chemin parcouru jusqu'ici, mais la brume obstrue une partie des deux mois de marche qui nous ont mene au Kang Yatse : c'est qu'on en a avales des kilometres depuis Dharamsala !!! La cordee gravit doucement le dome de neige qui mene au sommet. L'arrivee est 100m plus haut, non ? Fausse illusion, 100m plus haut j'ai la meme impression : fichu mirage de l'alpiniste.Montee

Le sommet nous demandera encore quelques souffrances... Sur les pentes tres raides, chaque pas est vital pour la cordee. Un mauvais appui et tout le petit monde se retrouve dans les rochers qu'on distingue, 800m plus bas. Confiance obligatoire entre les compagnons de cordee. Je suis surpris de tenir aussi bien sur mes pointes, et que ces petits bouts de metal s'accrochent si fermement a la glace.

Arrivee_au_Kang_YatseA l'approche de l'antecime, malgre notre acclimatation, on sent que l'oxygene se rarefie ; chaque geste demande un effort a notre corps. Ici, la pression est 55% plus faible qu'au niveau de la mer, c'est autant d'oxygene en moins. Nous atteignons l'antecime du Kang Yatse (6200m) a 7h, sous un soleil radieux. De la, nous voyons l'arete qui mene au vrai sommet, cotee AD (Assez Difficile), mais nous restons demunis face a lui, promettant de revenir mieux equipes dans quelques annees pour y monter. Ce n'est pas avec notre unique corde, nos quelques mousquetons, nos deux broches a glace et nos deux piolets pour quatre qu'on peut se faire 6h d'arete a 6000. On avait choisi de voyager leger (pas plus de 2kg de matos d'alpi par tete), on en subit pour une fois les consequences, non mecontents ceci dit d'avoir soulage nos maigres epaules ce dernier mois.Retour_au_camp

A la descente, beaucoup plus facile, je m'efforce de garder dans ma petite tete ces formidables instants : le partage de la cordee, la lenteur des pas qui marquent la glace, les paysages sublimes... On n'a pas tous les jours la chance de se faire un 6000. De retour a notre camp de base, on jete un coup d'oeil sur notre ascension : Kang Yatse, on reviendra !

Alex

(A venir un post d'Alexis et Nico d'ici quelques jours...)

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02 août 2008

15 jours avec le Duo des Cimes, une expérience inoubliable !

DSC_8277_2(Du 6 au 22 juillet)

Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour nous apercevoir que c’est bien en short, avec un sac de plus de 15-20 kilos sur le dos et une carte à la main perché en haut d’un col que le duo est à son aise !

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La ville, c’est juste pratique pour accueillir les petits et grands amis, pour se ravitailler, se reposer juste ce qu’il faut, réparer les chaussures, rassurer les parents, réparer le réchaud, préparer la prochaine étape et accessoirement tomber un peu malade…

Après quelques jours d’acclimatation à Leh (ville principale du Ladakh, doté d’un aéroport, à 3500m d’altitude), nous voilà donc tous dans le bus pour Lamayuru où nous débuterons notre trek : Astrid, Alex B, Nico, Alexis, Milind, Varun, Christelle et Alex M. (Beaucoup d’Alex, c’était très pratique pendant le trek ;-) Victor et Sybille devaient nous rejoindre au milieu du trek car Victor était malade. Six heures debout dans un bus plein à craquer, « bercés » par de la musique de Bollywood, les premiers contacts avec les Ladakhis, sont pour le moins chaleureux !DSC_8116_2

Astrid et Alex sont vraiment connus dans la région, puisqu’à peine arrivés à Lamayuru, une habitante les reconnait : ils avaient déjà dormi chez elle il y a 3 ans !

Et c’est donc parti pour huit jours de trek entre Lamayuru et Spitok (portion qu’Astrid et Alex avaient fait en bus pour nous rejoindre)

Nous vous proposons de vous décrire à quoi ressemble une journée classique de trek avec les Bazaille.

Le lever a lieu un peu après le soleil vers 6 heures. Alex B et Nico préparent le petit déjeuner pendant que les autres rangent les tentes. Au menu du porridge (pour le grand bonheur d’Alexis qui n’a jamais fini sa gamelle… mais je suis d’accord avec lui, c’est un peu hard dès le matin, le Nesquick nous a manqué…) suivi d’un Tchai pour rincer gamelle et gosier. Puis on fait la vaisselle, on plie les sacs et vers 8 heures on démarre. On est chaque jour plus efficace et on réussira à partir à 7h20 !IMG_7602_2

Ensuite, l’idée est d’en faire un maximum le matin. On ne s’arrête donc pas avant le col, même si des pauses régulières s’imposent pour attendre les derniers (à savoir nous). C’est l’occasion de dire qu’on n’est pas peu fiers d’avoir franchi 3 cols à 4600, 4800 et 5045 m d’altitude ! C’est pourtant la routine chez les Bazaille… Puis dans la descente, vers 13 heures, on guette le coin idéal (près d’une rivière et à l’ombre) pour faire la pause noodles (voir post d’Alex B).

On reprend ensuite la route dans la vallée pour arriver en milieu ou fin d’après-midi à notre camp de base idéal : aucun DSC_8727_2touriste en vue (quelques chèvres ou yacks sont tolérés), une rivière bien claire si possible et un terrain plat (pas toujours facile en montagne). C’est l’heure de replanter la tente, de se « doucher » dans la rivière (à 5-10°, c’est difficile au début, mais on s’y fait) et d’y laver les fringues de la journée.DSC_8311_2

Après le diner, on se couche donc avec le soleil, vers 20h30.

Certains soirs on préfèrera dormir chez l’habitant pour profiter d’un gros plat de riz et lentilles !

Cette logistique est le prix à payer pour avoir la chance de voir le spectacle que nous offrent ces montagnes ! Les couleurs sont vraiment étonnantes. Des roches multicolores rouges, vertes, jaunes à pertes de vue, de la neige sur les hauts sommets et un « serpent vert » qui habite la vallée. Ce sont les champs de céréales dans les villages situés aux abords des rivières.

IMG_7452_2Nous avons du mal à imaginer comment les habitants de ces villages peuvent vivre à plusieurs jours de marche de la première route, sans électricité ni eau courante. Et en hiver, il paraît que tout est enneigé ! Pourtant ils ont l’air heureux. Ils ne demandent pas plus. Nous avons toujours été très bien accueillis dans les villages. Ils étaient contents de nous proposer un « lit » (un tapis par terre) et un repas. Le contact était rendu encore plus facile grâce à Alex B qui est bientôt bilingue en Hindi ! Jullay, Jullay !! (Avec ce seul mot on peut déjà tenir une longue conversation)DSC_8130_2

Astrid et Nicolas ont tenté la nuit à la belle étoile sur le toit d’une maison. Quels romantiques ! Jusqu’à ce qu’au réveil Nico s’aperçoive que toute la famille avait aussi dormi sur le toit !

Mais attention, pas question de passer pour des touristes naïfs. Les Bazaille veillent aux tarifs proposés par les habitants ! 200 Roupies (environ 3 euros) pour la nuit, diner et petit déjeuner compris, et pas plus ! La roupie est devenue la monnaie du duo.

DSC_9031_2Côté climat, c’est très variable. Tee-shirt pour la journée, coupe-vent aux cols et bonnet le soir (surtout lorsqu’on dort à plus 4000m). Il fait normalement très sec mais nous avons eu le droit à quelques averses sympas. Ce qui nous amène à l’anecdote de la tente des Indiens, peu adpatée pour la pluie. Une nuit de pluie leur aura donc été fatale, malgré des tentatives d’imperméabilisation en ajoutant les ponchos sur la tente. Il a donc plu dans leur tente.DSC_8328_2

Les chaussures de Milind ont ensuite rendu l’âme, le 3ème jour. Milind et Varun ont donc écourté le trek. Il faut dire que marcher avec les Bazaille, c’est pas facile. Ils ont beau avoir plusieurs semaines de marche dans les jambes, le rythme ne décélère pas ! Lorsque d’autres font des lacets pour se rendre au col, eux foncent tout droit ! Et s’il y a trop de randonneurs dans leur champ de vision, on change d’itinéraire et tente un autre col (inconnu de la carte). On a donc décidé de baptiser ce col « le Presque-Là » (parce que quand on pensait arriver, il fallait en fait aller plus loin et plus haut). 

DSC_8797_2Nous sommes donc fiers de l’avoir fait et impressionnés de voir à quel point Astrid et Alex gèrent leur projet. C’est plutôt rassurant de les voir vivre cette aventure. On est heureux de les voir réaliser leur rêve. Ils semblent vraiment prêts physiquement et psychologiquement à surmonter toutes les situations. Ils savourent toutes leurs journées, s’extasient encore devant les beaux paysages et ne sont blasés de rien (même pas des noodles). Les accompagner sur un petit bout de chemin aura été une grande aventure pour nous. Nous avions découvert les joies de la montagne à Combloux, et maintenant nous voilà dans l’Himalaya, mais jusqu’où nous emmèneront-ils ?

Pour ceux qui s’inquièteraient (je pense à la mère de Nicolas), Alex B est vraiment le roi de l’orientation, donc aucun souci à se faire.

Christelle et Alex M

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Posté par duodescimes à 01:29 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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