Astrid et Alex, duo des cimes en Himalaya

13 avril 2009

I have a dream...

IMGP4101J’ai fait un rêve. J’ai rêvé que notre ultime trek en Himalaya se déroulait au cœur d'un cirque fantastique. Des murailles infranchissables se dressaient de part et d’autre de la vallée qui mène au Kangchenjunga. Dans cette vallée, nous passions notre dernière nuit dans un abri des plus simples : protégés du vent par quatre murs, de la neige par une tôle. J’ai rêvé que nous y rencontrions un ermite bouddhiste parti méditer dans les hauteurs. Le genre de sage qui n’existe que dans les contes, disparaissant comme par enchantement après nous avoir offert une place au coin du feu,IMGP4119 une tasse de thé, et quelques bribes de son immense sagesse. Dans mon rêve, il avait neigé une bonne partie de la nuit, si bien qu’au petit matin, en pointant notre nez dehors, on aurait cru que le monde entier était recouvert d’un manteau de coton immaculé. Les pieds dans la neige, la tête dans les nuages, nous contemplions l’un des plus beaux levers de soleil jamais rencontrés sur notre parcours… Et pour parfaire le tableau, nous croisions les traces de l’animal le plus mythique de l’Himalaya (après le yéti !) : le léopard des neiges. Au pied du Kangchenjunga, le dernier jour de l’hiver, après dix mois de vadrouille dans les montagnes, ce rêve est devenu réalité…

IMGP4065Pourtant notre arrivée au Sikkim a d’abord pris toutes les apparences d’un cauchemar. Un dernier sommet se dressait sur notre route, inébranlable : l’administration du Sikkim. Permis d’entrée, permis de marche (?!?), taxe d’entrée au parc naturel, autorisation pour dormir dans les refuges non gardés du parcours, et surtout… obligation de partir au minimum avec un guide. Damned ! Et, histoire de décourager les têtes brûlées que nous sommes, aucune carte de trek n’est disponible dans la région. Bref, on commençait à se demander sur quelle note allait finir notre périple…

IMGP4070C’est donc armés d’une liasse de permis et accompagnés de Kamal, notre garde du corps poids plume (au cas où on croiserait un ours…), que nous quittons Yaksom pour un dernier décollage vers le ciel. Heureusement, derrière ses airs d’ado effarouché, Kamal est un jeune gars sympa qui n’a pas trop de mal à suivre le rythme endiablé qu’on lui impose. Après avoir passé dix jours dans la brume des basses vallées, le décor nous coupe le souffle. En deux jours de marche, nous passons de la jungle à la neige et quittons toute civilisation. Les bicoques en bois qui nous servent d’abri le soir sont loin des lodges tout IMGP4074confort de la région de l’Everest et beaucoup plus proches de nos haberts alpins (= refuges non gardés). La seule différence : l’absence de poêle, gla-gla ! Il est malheureusement interdit de faire brûler la moindre brindille dans l’enceinte du parc naturel. Notre petit réchaud MSR peine à faire grimper le thermomètre ! Car la météo ne nous épargne pas cette fois-ci : les nuages s’amoncellent, le tonnerre gronde et – oh surprise ! – c’est la neige qui tombe.

Belles montagnes + nuits en refuge + chutes de neige = duo des cimes content !

IMGP4115En pleine nuit, l’euphorie nous gagne : on chante et on danse sous les flocons. Trois mois après la date officielle, ça y est, on l’a notre Noël sous la neige ! Et, tels des enfants avides de découvrir leurs cadeaux, nous nous levons à l’aube pour aller contempler un lever de soleil somptueux sur le Kangchenjunga. A 8586m, le troisième sommet le plus haut du monde (après l’Everest et le K2) ne connaît IMGP4117pas l’invasion habituelle des expéditions au printemps, en raison de son caractère « sacré ». Interdiction absolue d’en approcher le sommet sous peine de se faire embrocher par le trident de Shiva… Perchés en haut du Dzongri Peak, à la modeste altitude de 4200m, nous nous contentons donc de le dévorer des yeux.

IMGP4162A 8h, le rideau tombe, le spectacle est terminé. Le ciel se charge à nouveau et, après un petit-déjeuner frugal à base de tsampa, il est temps de reprendre notre marche d’approche vers le Kangchenjunga. En route, nous croisons quelques touristes frigorifiés (gloups, il fait donc encore plus froid là-haut ?) forcés de faire demi-tour pour cause de météo exécrable. Lorsque nous débarquons à Tanzin, c’est un décor de film fantastique qui nous attend. En pleine tempête de neige, à travers un épais brouillard, nous apercevons avec dépit le cabanon en ruine censé nous servir de refuge avant le col. Nous sommes au début de l’après-midi, mais il fait presque nuit… Dans cet abri à moitié écroulé, la présence de Passang sera notre seul réconfort. IMGP4182Cet ermite bouddhiste est à Tanzin depuis une semaine et nous accueille auprès d’un bon feu (en Inde, les interdits sont là pour être bravés…). Après trois mois de pèlerinage dans les montagnes, il attend une amélioration de la météo pour franchir le col et atteindre une grotte sacrée dans laquelle il désire méditer. Nous acceptons d’emblée le thé qu’il nous offre. « L’accueil de l’autre, c’est bon pour le karma », nous glisse-t-il malicieusement. La soirée passée en compagnie de cet homme brillant et spirituel nous réchauffe le cœur et les neurones !

IMGP4195Le lendemain matin, Kamal nous fait le coup de la panne de réveil… c’est Omer, un de nos compagnons de chambre, qui nous secoue à 5h30. Vite, vite, on va louper la fenêtre météo (enfin, on va plutôt dire la petite lucarne…). En dix minutes nous sommes sur le pied de guerre. Pas le temps de faire chauffer le thé, nous partons dans le froid le ventre vide. L’objectif de la journée : le GaucIMGP4223ha La, un col perché à près de 5000m d’altitude, au plus près de la montagne sacrée. Le ciel s’est à nouveau entièrement dégagé pour nous offrir un lever de soleil de toute beauté. Mais nous savons que cela ne va pas durer et nous entamons une course effrénée avec les nuages qui s’amoncellent déjà au loin. Une fine couche de neige couvre les alentours et l’on tombe sur de magnifiques empreintes qui ne peuvent être que celles d’un léopard des neiges…

IMGP4225En compagnie de Kamal et d’Omer, nous courons presque maintenant ! Les nuages nous encerclent… Kamal nous affirme « c’est là le col ! ». Mouais, on ne nous la fait pas, ça ressemble plus à un petit cairn en plein milieu du glacier ça… En fait, il nous reste 300 mètres de dénivelé à gravir, et une sacrée trotte dans la moraine avant de parvenir au col déjà englouti par la masse de nuages. Kamal n’a pas l’air du tout chaud pour nous accompagner, il semble qu’il ne se soit jamais aventuré plus loIMGP4232in que ce petit cairn. Omer bouillonne : pourquoi nos guides ne nous ont pas réveillés plus tôt ? On réfléchit quelques minutes avant de prendre une décision sage (comme quoi, on sait être raisonnables quoi que Nico en pense ;-) : nous faisons demi-tour ! Bien nous en prend, la neige commence à tomber peu de temps après... Nous sommes un peu déçus de s'être cassé le nez sur ce dernier col, mais on ne se plaint pas : on l'a eu, notre belle vue sur le Kangchenjunga ! C'est juste qu'on aurait bien discuté le bout de gras avec le léopard dont les traces nous précèdent...

Nous redescendons dans la tempête, frigorifiés mais heureux. Le brouillard réduit la visibilité à 15m, et les flocons recouvrent déjà nos traces de montée. "Kamal, il est où leIMGP4256 chemin, déjà ?". Le bougre ne répondra pas ; il est bien loin devant et nous laisse en plan là-haut (moralité : les guides imposés, à part à remplir la tirelire des agences du coin, ça ne sert a rien !). En arrivant à notre cabanon, notre petit-déjeuner thé+tsampa a une saveur particulière : après dix mois passés au milieu des montagnes, cette dernière marche marque la fin de notre périple, et demain déjà il faudra redescendre. Nous profitons de ces derniers instants au cœur des cimes en prenant notre ultime bain dans un torrent gelé, au milieu de la tempête de neige. Dans le décor qui nous entoure, c'est à la fois une pure folie et un vrai bonheur d'être les pieds nus dans la neige, au bord d'une eau glaciale...IMGP4282

Le premier jour du printemps, nous dévalons les 2000m  qui nous ramènent  à la civilisation. Un dernier regard aux cimes (la nostalgie nous prend déjà), et les tapis de fleurs remplacent le manteau neigeux. Le rêve touche à sa fin.  Il est temps pour Astrid de rejoindre son Nico en France, et pour Alex de découvrir d'autres horizons (plus chauds !) en Inde du sud.

Astrid et Alex

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25 mars 2009

Bye bye Nepal

Pas facile dQuitter_l_Evereste quitter la region de l'Everest. Meme si on ne dit pas non au fait de gagner quelques degres en laissant ces hautes vallees desertes et glaciales, le pays des Sherpas nous colle a la peau. Pourtant, le chemin qui nous emmene en direction de l'est nepalais est lui aussi plein de surprises.

A la sortie de Namche Bazar, nous nous efforcons a ne pas trop suer sous le poids de nos petits sacs a dos confortables de 20kg maxi quand on croise les dizaines de porteurs surcharges montant vers la ville. La plupart viennent de Jiri, a huit jours de marche, charges de plus Porteursde 100kg de vivres, quincaillerie, alcools ou vetements destines au rassemblement hebdomadaire du coin : le marche de Namche. Plies sous la charge, ils s'efforcent tant bien que mal a faire plus de 50m sans poser leur fardeau sur leur tokma (une petite canne de bois qui ne les quitte pas). A taille adulte, ces solides gaillards depassent rarement les 1m50 !!! Certains transportent des morceaux de carcasse de buffalo, tue quelques jours plus tot dans les basses vallees. En passant a cote d'eux, ca pue la viande avariee : au Nepal, on n'a pas de mal a se declarer vegetariens...

La premiere halte du soir, nous la faisons a Surke pour repondre a l'invitation de Marc Surkeet Adrien, deux Francais rencontres quelques jours plus tot dans les montagnes. Envoyes par l'association Solitrek (www.solitrek.org), ils developpent avec les locaux la culture en serres de legumes pour les vendre a Namche. Quand on les avait rencontre a Gokyo, ils nous avaient promis une degustation de tchang et de raksi, les alcools locaux... Ils sont francais, donc ils savent comment nous convaincre facilement les gaillards !!!

Par pur hasard, nous debarquons le jour du Nouvel An sherpa. Tout le village est rassemblePetit_gars pour faire la fete, boire, discuter, danser ou chanter. Nous sommes accueillis comme des rois par la communaute, et en quelques minutes, nous nous retrouvons comme tout le monde a taper le rythme de la "Sherpa Dance". Si certains feront la fete jusqu'a l'aube, nous ne tiendrons pas aussi longtemps. A 23h, enivres par la musique sherpa, heureux de ces derniers instants de partage dans la region de l'Everest et etourdis par notre consommation de tchang, nous tombons dans nos plumards chez Karma, notre hote pour ce soir. C'est avec des Little_bergerpieds de plomb que nous quittons Surke le lendemain matin ; sur le chemin qui passe au milieu du hameau, sourires et messages d'adieu de la part de ceux avec qui on a echange trois mots ou parfois un simple regad pendant la fete. Ultime symbole de reconnaissance, un petit gars que nous avions eu sur les genoux la veille nous offre... devinez quoi : un bonbon. Si ca n'est pas le monde a l'envers, ici... J'ai envie de hurler "Give me sweet" a tous les gamins que je croise !

En quittant le chemin Jiri-Namche, l'autoroute touristique de la region de l'Everest,Namaste nous nous immergeons dans la culture Rai, et le Nepal 100% pur jus. Les dix jours de marche qui nous separent de Taplejung, ville au plus pres de la frontiere indienne, nous replongent dans le grand ouest nepalais : simplicite, curiosite, accueil, the autour du foyer... Tout y est ! Les enfants qui aAu_milieu_des_feuillesccourent devant l'appareil photo ou la camera nous font des "Namaste" aussi sinceres que leurs sourires. Nous echangeons quelques mots de nepalais, qu'au bout de cinq mois on finit enfin par comprendre un petit peu. Ici, la pauvrete est visible a chaque coup d'oeil, mais on sent que les Rais ne s'en preoccupent guere : ils VIVENT, et c'est ca qui compte.

Plus nous avancons vers l'est, plus nous descendons. Il fait chaud, mais Astrid retrouve petit a petit l'usage de ses doigts - c'est quand meme plus classe pourMaison_Rai le retour. A moins que Bibendum soit de nouveau a la mode chez nous ? A 300m d'altitude, il fait si bon la nuit comme le jour que certaines maisons n'ont que deux murs sur quatre. Non Astrid, ca n'est pas encore la Thailande... Par contre, c'est bel est bien l'arrivee du printemps. Entre les rhododendrons, les magnolias et les tapis de fleurs, on ne sait plus ou poser les yeux. On chante, du coup. "Des magnoliaaaas, par centai-ai-ai-nes...". Ne me dites pas que vous ne connaissez pas...

Plus tres loin de la frontiere indienne, on a beau avoir derriere nous cinq bonnes semaines de marche avec Tongmaseulement deux jours de repos (Astriiiiiid, quand c'est qu'on arrete de couriiiiiir ?), on se sent pousser des ailes. La culture indienne n'est plus tres loin. Les chapatis reapparaissent, et le vocabulaire hindi revient dans les conversations : on y est presque ! Lorsque nous arrivons a Taplejung - qui n'a d'interessant que sa Tongma (sorte de biere a base de millet servie dans un gros bambou et que l'on boit a la paille) - nous n'avons qu'une hate, c'est rejoindre la ville de Gangtok, au Sikkim, pour nous reposer quelques temps avant notre derniere marche vers le Kangchenjunga.

Mais le Nepal refuse de nous laisser partir. C'est la greve generale. Tous les transporTraverser_l_Himalayats sont bloques, et nous n'avons d'autres choix que d'attendre gentiment que les evenements se calment. Au fait : quand on cumule les jours feries nationaux, les festivals locaux, les greves, les evenements particuliers, les samedis chomes ou les mariages et anniversaires du grand tonton de mon beauf, je suis sur que les travailleurs nepalais auraient moyen de se trouver dix mois de vacances dans l'annee. Et en dix mois, qu'est-ce-qu'on pourrait faire ? Et ben, on peut traverser l'Himalaya a pied, pardi !

Un joPetite_fille_Raiur plus tard, nous bouclons finalement nos sacs et quittons Taplejung en bus en direction du sud. Le bus est plus que rempli - la faute a la greve de la veille. Nous partageons nos places avec des enfants ou des petits vieux qui n'ont plus de dent (pas besoin de dent pour boire la Tongma !). Des heures de rodeo sur une route carrossable, sans pouvoir remuer un orteil parce qu'on est ecrase par ses voisins, vous avez deja fait ? Un truc a vous faire aimer la marche a pied... Au bout de 16h de transport, nous sommes quasiment a la frontiere. Nous nous effoBusndrons quelques heures sur les plumards du premier hotel de bord de route venu, quand on toque a la porte. 4h du mat', bordel ! Qu'est ce qu'on nous veut encore ? La greve reprend aujourd'hui. Et le dernier bus pour la frontiere part dans dix minutes. Nous fourrons nos affaires en vrac dans nos sacs et courons : nous attrapons le bus in extremis. Apres cinq mois de vadrouille exceptionnelle dans les montagnes nepalaises, notre route vers le Sikkim ressemble plus a une fuite qu'a un bel adieu au SourireNepal !!!

Quoi qu'il en soit, ca ne sera pas cette ultime course contre la montre dans les transports nepalais qu'on retiendra. Les montagnes, l'accueil legendaire nepalais, les sourires, les bons Dal-Bhat-Tarkhari, ou la Tongma locale, c'est ca qui nous fera revenir !

Alex

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14 mars 2009

For Everest

avant_jiri4 fevrier. Apres une semaine d'attente a Katmandou, visa indien en poche, nous reprenons le compte des kilometres. Notre mission : rejoindre la ville de Jiri, point de depart des sentiers pour le toit du monde, en evitant au maximum le bitume. Pari reussi ! En attendant de crapahuter sur les traces de Sir Edmund Hillary, nous traversons de gigantesques forets de pins qui feraient un chouette terrain de jeux pour un ultratrail, une course d'orientation, ou meme - pour vous prouvjiri2er qu'on n'est pas mono-maniaques - une petite promenade dominicale avec le toutou...Le probleme dans cette region de l'Himalaya, c'est que les montagnes ont pousse n'importe comment ! Au lieu de nous offrir de larges vallees a longer, pepere, c'est comme si toutes les montagnes avaient decide de nous barrer la route... Du coup, on arrete le compteur des kilometres - trop deprimant - pour brancher celui du denivele : +2000, -1500, +1800... Il n'y a pas photo, cette pause a Katmandou nous a fait du bien.

 

A Jiri, levue_everest1 compteur s'enraye : le facteur "tourista" entre dans la danse ! Merde, huit mois de marche en Inde et au Nepal et je ne suis toujours pas immunisee??? Il faut dire que ces derniers temps, nous avons creche dans des lieux qui feraient de bons clients pour une inspection sanitaire... Trois jours durant, Alex me traine litteralement sur les chemins. Puis, au detour d'un virage, nous apercevons enfin l'Everest : la guerison est instantanee. Nous courons desormais, impatients d'arriver a Namche Bazar, au coeur des montagnes, les vraies, celles qui flirtent avec le ciel !

 

Namche, c'est un peu Disneyland a la montagne... C'est a celui qui construira le lodge le plusnamche gros et le plus colore ! Nous sommes a 3400m d'altitude, a une semaine de marche de la premiere route, et pourtant, on trouve absolument tout ici, pourvu que l'on soit pret a payer le prix fort. En vrac : internet, boulangerie, machine a espresso, lave-linge, billards... On a cherche la grande roue mais on ne l'a pas trouvee, ca ne saurait tarder je suis sure ! Ici, 50% des lodges affichent leurs prix en dollars. Euh, et pour les fauches qui payent en roupies, c'est par ou??? Une journee de repos dans cet endroit delirant, puis nous nous ruons vers les hauteurs.

 

thame_valleyNous choisissons d'instinct la destination la plus sauvage de la region : ouverte au tourisme depuis 2002 seulement, la vallee de Thame est un veritable bijou relativement preserve par la folie contagieuse de Namche. A part quelques yacks et un himalayan tahr (sorte de bouquetin), personne ne vient troubler le calme de ces lieux enchanteurs. Nous marchons toute la journee d'un pas leger au milieu de sommets magnifiques. A quelques encablures de la, le Tibet nous tend les bras... (petite pensee pour Christophe !). Mais, boudeurs, nous l1er_lodgeui tournons le dos pour nous diriger vers les alpages de Nungden (4300m) ou nous comptons planter la tente. Des rafales de vent nous assaillent, et les temperatures se font plus hivernales. Par chance, nous tombons sur Nawang qui vient verifier que sa bicoque survit a la tornade. Au lieu de redescendre sur Thame comme prevu, il nous accueille dans son minuscumontee_renjo_lale lodge ou l'on apprecie de pouvoir se rechauffer les mimines au coin du poele. Il s'excuse de ne pouvoir nous offrir qu'un peu de riz et un maigre dal, mais nous sommes combles ! Toute la nuit, le vent souffle avec une telle violence que je n'ose imaginer l'etat de la tente (et de ses occupants) si Nawang avait decide de nous laisser nous depatouiller...

 

Le lendemain matin, le ciel s'est bien couvert mais ne semble pas menacant. Nous partons de bonne heure envue_gokyo direction du Renjo La (5300m), un col sublime et etonnament bien trace : quoi, il y a des GR au Nepal??? Malgre les nuages, la vue qui s'offre a nous est incroyable... Et ce n'est que le premier d'une longue serie de points de vue a 360 ! De l'autre cote du col, c'est Gokyo et le magnifique lac de Dudh Pokhari qui nous tendent les bras. Nous decidons d'y passer une journee pour explorer les environs. Et on n'est pas decus ! En ivresseremontant la vallee glaciaire vers le nord, nous decouvrons un panorama sublime sur trois 8000 - le Cho Oyu, l'Everest et le Lhotse - et un paquet de jolis 7000. Le ciel est d'un bleu qui vaut bien celui du Queyras (clin d'oeil a Yann...), meme si le vent, lui, a decide de rester squatter un peu. C'est la premiere fois que nous passons la journee sans notre maison sur le dos et nous sommes atteints par la folie des hauteurs ! On se sent legers et invincibles, prets a gravir le premier sommet qui passe. De vrais drogues en manque qui auraient recu leur kilo de pure...

 

Nous finissons la journee par l'ascension du Gokyo Ri (5350m) pour y contempler le couchEverester de soleil sur l'Everest. Indescriptible. Meme les photos ne rendent pas le dixieme de la magie du moment. Nous redescendons a Gokyo dans l'obscurite, en hurlant a tue-tete notre bonheur,Cho_la courant a moitie pour se rechauffer. Un veritable show dont les etoiles seront les seuls temoins... Puis nous partons en direction de la vallee de l'Everest, avec un passage de col qui s'annonce delicat. Le Cho La (5400m) a mauvaise reputation dans le coin. Il faut dire qu'il en impose : de loin, il ressemble a une muraille de caillasses totalement iCholatsenfranchissable. On en vient pourtant a bout, pour decouvrir un joli glacier de l'autre cote. Rien d'engageant, juste le bonheur de faire quelques pas sur la glace dans un univers de haute-montagne, miam... Brigitte, une Francaise qui nous accompagne pour la journee, n'est pas vraiment de cet avis : "mais il est ou le chemin?". On finit par arriver dans le petit lodge de Dzongla en fin d'apres-midi, ou nous attend encore une nouvelle surprise : la face nord du Cholatse, qui nous domine de toute sa hauteur. Une vraie forteresse !

 

vue_Kala_PattarPuis c'est au tour de Gorak Shep de nous montrer de quoi il est capable. A 5100 metres d'altitude, ce sont les derniers lodges avant l'Everest... L'ascension du Kala Pattar ("la montagne noire", 5550m) s'avere eprouvante car le vent refuse de nous laisser tranquilles. On est saoules, pas besoin d'alcool ici ! Le spectacle que nous offre l'Everest est pourtant inoubliable... Mais alors, c'est beau partout ici me direz-vous? Et bien la reponse est "oui !". Dans le Sagarmatha National Park, a chaque pas, on en prend plein la vue.

 

Le lendemain, c'est au tour du camp de base de l'Everest. Nous avons beaucoup hesite a y aller, car on nous avait pas tres bien vendu la chose... "Ce n'est qu'un bout de moraine d'ou on ne voit meme pas l'Everest!".camp_de_base C'est vrai. Mais nous, on a la tete remplie de recits incroyables sur l'Everest, et nous nous prenons a rever en imaginant les tentes qui s'installeront la dans quelques semaines, remplies d'alpinistes fievreux. Au vu de la temperature actuelle et des rafales de vent qui balaient le glacier, je ne les envie pas plus que ca finalement ;-) Meme si l'Everest ne daigne pas se montrer, le spectacle que nous offre le cirque n'en est pas moins impressionnant : le glacier est bleu turquoise et nous sommes cernes par des pics enneiges.

 

Kongma_LaLa porte de sortie, c'est le Kongma La, un col facile a 5560m d'altitude, que l'on a quand meme un peu de mal a gravir car la fatigue commence a se faire sentir : l'angine couve, nos mains ont triple de volume a force de tenter de resister au froid, et ce vent qui ne faiblit toujours pas ! Mais la vallee de Chukkung que nous decouvrons de l'autre cote du col nous fait oublier tous nos petits malheurs... Cette fois, place a la majestueuse face nord de l'Ama Dablam ! Nous nous rechaChukkung_Riuffons tant bien que mal dans un petit lodge glacial. Le lendemain, nous repartons pour l'ascension de notre dernier sommet : le Chukkung Ri (5550m d'altitude) que l'on atteint en 1h15 (je crois qu'on est bons niveau acclimatation la...). Au sommet, on se permet une derniere overdose de beaux paysages avant de redescendre tout schuss vers des altitudes ou les temperatures sont plus clementes. Apres ces neuf jours passes autour de 5000 metres d'altitude, dans le vent et le froid, nous sommes heureux de retrouver Namche et son confort ! Marco et Kim, deux Canadiens bien sympas rencontres dans les hauteurs, partagent notre joie. Eux ont trouve le remede : ils partent pour les plages thailandaises pour se remettre. Euh, Alex qu'est ce qu'on fout en Himalaya en plein hiver ???

 

Astrid

 

Desoles pour notre silence de ces derniers temps mais l'est nepalais est plus repute pour sa Tongma (alcool local) que pour ses connexions internet... Alex vous mijote un petit recit pour la suite, patience !

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03 février 2009

Sweet dreams

IMGP1807SDF au Nepal? Une condition que l'on supporte plutot bien depuis trois mois grace a l'hospitalite legendaire des montagnards. Nuits chez l'habitant, a l'"hotel" (version nepalaise SVP), en lodge, sous tente : les hebergements sont varies et les nuits plus ou moins confortables... En exclusivite, un echantillon de celles-ci pour vous donner une idee de nos conditions de vie du moment !

 

9 janvier, 18h. Apres cinq jours de fouille dans les montagnes, nous sommes de IMGP1904retour a notre point de depart. Il faut se rendre a l'evidence : nos competences en orientation s'arretent la ou commence la jungle. Tout en ruminant cet echec cuisant, nous plantons la tente dans un champs, sous les regards curieux d'une ribambelle de bambins. Rien d'etonnant a cela, nous avons appris a nous faire a l'"effet alien". Tout le village voisin defile dans la joie et la bonne humeur, en poussant des "Oooooh !" de surprise a chaque objet sorti de notre sac (rechaud, filtre a eau, frontale, etc.). Une ambiance parfois un peu oppressante mais on se IMGP2039prend vite au jeu. Pourtant, quelques brebis galeuses font partie de ce troupeau joyeux. Trois bambins d'une dizaine d'annees, clope au bec, ont decide de nous "mener la nuit dure"... C'est dans des moments pareils que l'on se rend compte a quel point l'abri procure par la tente est precaire. Le double-toit ne resistera pas aux assauts repetes de la graine de gredins : la tente s'en tire avec une dechirure de 20cm, et nous, avec une rogne pas possible qui nous tiendra en eveil toute la nuit... On vous rassure, nous avons ete bien plus souvent accueillis a coup de dal-bhat (le plat national) qu'a force de cailloux !

 

15 janvier. Aujourd'hui, nous dormons a l'hotel. A nous la room with attached bathroom alors? Euh non,IMGP2042 petite precision : "hotel" en nepalais, ca veut juste dire "lieu ou l'on peut manger". C'est a dire une petite piece en terre battue, une tente, ou trois bouts de tole ondulee... Ici, c'est le rez-de-chaussee d'une petite maison rigolote habitee par une famille sympa. En guise de douche, ca sera l'unique fontaine du village, situee en plein milieu du chemin. Et, autant les femmes du coin se lavent dans l'indifference generale, autant j'ai du mal a passer inapercue. C'est flatteur, certes, mais ca ne facilite pas la toilette ;-). La famille Karki, aux petits oignons, nous propose de dormir par terre dans le couloir et ca nous convient parfaitement. Leur enthousiasme a nous satisfaire est touchant, l'odeur du pop-corn (la gourmandise nepalaise) nous chatouille les narines et nos trois mots de nepali ravissent tout le village. Personne ne parle anglais ici, donc les discussions sont limitees, mais ca ne IMGP2057nous empeche pas de piquer de bons fou-rires, notamment lorsque les femmes de la maison me derobent de la creme pour s'en tartiner le visage ou lorsque les enfants essayent mes lunettes de soleil... La nuit est delicieusement calme et l'on s'eveille en meme temps que la maisonnee, a 5h du matin, alors que la mere de famille prepare deja le the (ou plutot une sorte d'infusion a base de plantes car le the est cher ici !). Le pere, lui, en bon Nepalais, reste au plumard encore une bonne heure et hurle des ordres depuis sa chambre. C'est a base de "femme, monte-moi de l'eau chaude"... Bref, le feminisme a encore du chemin a faire au Nepal !

 

16 janvier, 17h. Journee marathon. Le soleil menace de disparaitre et nous ne savons toujours pas ou nousIMGP2062 allons dormir. Fourbus, nous lancons un n-ieme "savez-vous ou l'on peut trouver un endroit pour la nuit?" quand une femme avenante nous repond "bien sur, venez chez moi !". Dedale de sentiers au milieu des rizieres, on se laisse guider jusqu'a la ferme qui abrite toute la famille Sitoula, jusqu'a l'adorable arriere-grand-mere de 90 ans qui n'a de cesse de nous lancer de beaux sourires edentes. C'est Sunil, 11 ans, qui fait office d'interprete, Comme ses trois freres et soeurs, c'est un gamin brillantissime (trois ans d'avance a l'ecole, rien que ca...), curieux de tout, qui ne cache pas son plaisir de parler anglais avec nous. On s'assaille mutuellement de questions, et, en quelques heures, on en apprendra IMGP2063plus sur la culture nepalaise qu'en trois mois de peregrination. Nous sommes traites comme des rois : on nous offre la meilleure chambre (au-dessus de l'etable) et le meilleur dal-bhat qui nous ait ete donne de manger au Nepal. Nous nous endormons comme des bienheureux dans des draps qui fleurent bon la lessive (luxe supreme au Nepal)... A l'aube, un bon the au lait de buffalo nous attend, et Sunil nous supplie de rester encore un peu, le temps de preparer le dal-bhat du matin. On cede bien sur, et pour fete ca, un coq est sacrifie ! C'est Alex qui est charge de la mise a mort, pour leIMGP2065 plus grand malheur de la pooovre bete (a la decharge du frerot, ce n'est pas evident de guillotiner une volaille avec une faux, mal aiguisee qui plus est...). Bref, on n'en finit plus de bien manger et de papoter. 10h, il est temps de reprendre la route. Comme d'habitude, nous ne savons pas comment remercier cette generosite totalement desinteressee. Les deux mamies-gateaux n'ont qu'une requete. C'est les yeux plein de larmes qu'elles nous lancent un "vous ne nous oublierez pas, hein?". Ca ne risque pas !!!

 

IMGP207717 janvier, 16h. Quelque 800 metres plus haut et 4 litres de sueur plus tard... Une charmante petite vieille accepte de nous heberger pour la nuit dans son minuscule shop/hotel : une piece de 3m2, une etagere avec quelques sachets de noodles, des cigarettes et des bonbons, un atre et des gamelles, de la terre battue soigneusement balayee en guide matelas. Parfait ! C'est sans compter sur la voisine de 16 ans qui se rue sur moi pour m'inviter a dormir chez elle. Elle insiste tellement que nous cedons, sans comprendre cet attachement soudain. En fait, ce qui me semblait un geste desinteresse se transforme vite en cauchemar... Nous nous retrouvons dans un taudis ou vivote une famille de 5 enfants dans la crasse la plus totale. On nous demande des "paisas" pour remplacer tout ce qui ne va pas dans la maison (c'est-a-dire tout). Et l'on commet la plus grosse erreur du periple : on cede et l'on achete entre autres des piles neuves pour la radio.

 

[La, je marque une pause pour vous demandez si un ORL pourrait m'expliquer comment l'etre humain peut supporter - et pire, apprecier - la "musique" nepalaise (horriblement stridente, abominablement monotone, terriblement cacophonique) diffusee sur des postes radios que l'on a envie d'appeler transistors tellement le son est difforme, nasillard et gresillant... Car, depuis que nous sommes au Nepal, nos oreilles - deja bien entamees par les concerts d'aboiements nocturnes et la notion d'"espace vital" tres relative ici - crient grace face a ces aggressions repetees...]

 

L'unique lit de la maison est attribue a Alex, la maman et les trois derniers s'entassent dans la cuisine,IMGP2080 tandis que je partage le balcon avec Sajina et sa soeur. Quand je comprends qu'elle veut que je partage egalement son edredon crasseux, je blemis. Dans la penombre, je distingue sans peine les taches qui ornent un drap qui fut blanc un jour lointain, et l'odeur atroce qui s'en degage n'est pas la pour me rassurer... Toute la nuit durant, j'entends les deux filles se gratter jusqu'au sang tandis que j'imagine les poux qui doivent se faire un festin entre nos cheveux meles. [j'ai deja attrape trois fois des puces au Nepal, et ca ne restera pas mon meilleur souIMGP2083venir...] Les pets, les rots et les rats rythment la nuit. Les WC? C'est simple, il suffit de faire un pas dehors et de s'accroupir ! Une epouvantable odeur d'urine et de merde entoure la maison. Aujourd'hui, lecon de choses : le duo apprend la signification du mot "insalubrite"... A 4h du matin,Sajina allume la sacro-sainte radio et la pose gentiment a cote de mes tympans. Je craque. Je rejoins Alex tout aussi eveille que moi, et en deux temps trois mouvements, on plie bagages a la lueur de nos frontales. Pour une fois, nous ne marchons pas pour decouvrir mais pour fuir !

 

24 janvier, 16h. Grosse journee dans les pattes. Nous marchons depuis quelques jours dans le parc du IMGP2311Langtang et l'on savoure le confort des lodges qui poussent comme des champignons sur ce parcours ultra-touristique.  Comme nous sommes en plein hiver, il n'y a pas un chat. Aujourd'hui, c'est un petit bonhomme de treize ans, Bire, qui nous accueille dans l'unique lodge ouvert du coin. Incredules, nous nous attendons a voir apparaitre son pere ou sa mereIMGP2323 a chaque instant... Mais du haut de son metre trente, Bire s'occupe de tout : couper le bois, allumer le poele, aller chercher l'eau a quelques centaines de metres de la, nettoyer, cuisiner, etc. Avec ses trois mots d'anglais, il nous explique qu'il n'a pas eu de touristes ces derniers jours... Il a donc dormi seul dans cette bicoque en bois situee a 3600m d'altitude et ou le vent rugit toute la nuit a en faire trembler plus d'un ! Ca c'est de la graine de debrouillard...

La liste est longue, alors on vous epargnera toutes ces anecdotes qui font de notre periple une aventure inoubliable... Malgre quelques tres rares exceptions, l'accueil est une notion si naturelle au Nepal qu'on se prend parfois a craindre le pire a notre retour en France... Comment ca, on ne peut pas debarquer a l'improviste chez vous, sac au dos ?

Astrid

Pour ceux que ca interesse, il y a de nouveaux albums photos en ligne !!!

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29 janvier 2009

La montagne, ca se gagne

Chaine_du_ManasluMontons ! Apres le départ des parents et de Nico, c'est fini les fêtes, les douces retrouvailles avec la famille, et le confort de Pokhara : notre duo se reforme et reprend la direction des cimes. Assoiffes de sommets, nous refusons de passer de l’Annapurna au Langtang sans jeter un coup d’œil aux massifs du Manaslu et du Ganesh Himal. Il y a bien une route directe par le sud, mais les vallons et collines, ca n’est pas notre tasse de the. Nous, ce qu’on aime, c’est traverser les alpages, aller toucher un brin de caillasse en altitude, ou mettre le nez dans les neiges éternelles qui frôlent les glaciers. En quittant Besi Sahar, à 800m d’altitude, on est plein de belles illusions !

A quelques heures de marche du circuit touristique du tour des Annapurnas, Bambinsnous replongeons dans le Népal authentique. A l’entrée de Chitti, c’est un raz de marée de bambins curieux qui nous attend. Comme des stars américaines, nous prenons la pause. La pause the, on l’aura compris. Astrid n’en refuse jamais une. Il faut bien la réhydrater, la pauvrette ; elle nous a fait un torrent de larmes suite au départ de Nico.

“Vous allez ou ? Au Dudh Pokhari (littéralement : Le lac de lait) ? C’est par la.” Tout le monde s’accorde pour Cartedonner la direction du nord. Ouf. Sauf que la carte, elle, n’est pas du tout d’accord. Qui croire ? Trop vite empêtrés dans la jungle, on se rend compte que la loi du nombre possède une variable souvent prépondérante dans l’équation. L’explication est simple, mais on mettra quelques jours a la comprendre. Les Dudh Pokharis, c’est comme les lacs Blancs en France : il y en a partout !

Il faut donc replonger de 1000m, changer d’arête, remonter a 2500m.Jungle “Dudh Pokhari ? Not possible ! Too much cold.” Pff, même pas peur. Au dessus du village de Tadje, ca n’est pourtant pas le froid qui nous arrete. Apres 3h de montée dré dans l’pentu, on se retrouve sur un sentier si peu fréquenté qu’on se demande toujours si ca n’est pas une légende… Les chemins du coin, c’est comme les léopards : tout le monde en parle et a un pote de copain qui les aurait entre-aperçus ; mais ceux qui les ont vraiment vus, on les cherche encore.

ChampsAllez, fini les bêtises, nous passerons par le sud. Un dernier coup d’œil au somptueux - mais inabordable - Manaslu, et on redescend. De toutes façons, le sud aussi, c’est joli, hein ? Les champs, les villages accueillants, les collines… Et puis les chemins sont si larges qu’ils pourraient permettre a une armée de quads en furie d’avancer de front (hein Yann ?).

Concernant les cimes, nous ne désesperons pas. Au pied du Ganesh Himal, on remet ca. OnBalai monte, dernier village, jungle épaisse, plus de chemin, toujours pas de léopard, on redescend, passage au sud. Quant a l’armée de quads, elle a du se dégonfler en nous voyant débarquer… Je jette l’éponge, lâche la carte et jure contre la boussole. Pour une fois qu’on a un peu d’orientation a faire, j’arrive a nous perdre deux fois : huit jours de détour a se taper.

Les rencontres que nous faisons nous réconfortent. Bim, Susilla, Pradam, Sonia, Sunil : nos journaux sont remplis d’adresses de familles chez qui on passe quelques heures ou une nuit. En chemin, on nous interpelle. Rires“Hello Babu ! Namaste Didi !” (Salut mon pote, bonjour grande sœur !). Quand on répond par quelques mots de népalais, c’est l’euphorie. Tout le monde éclate de rire. Facile, les Népalais sont toujours très bon public. Des grands gestes pour echanger (a défaut de connaissances en népalais), une glissade involontaire sur un tapis de feuilles mouillées, une séance de photos improvisee : il ne faut pas grand-chose pour faire tordre de rire une assemblée.

20 janvier. Nous sommes aux portes du Langtang. Lodges tout confort, itinéraire fléché (si, si !), météo parfaite ; ca a du bon les parcours touristiques ! D’autant plus que nous sommes hors saison : le pPatinagearc est a nous. En arrivant au Gosainkund, lac sacré perché a 4300m d’altitude, nous nous surprenons a nous contenter de notre short et de notre T-shirt en plein mois de janvier. Le lac est pourtant gelé ; a défaut de coéquipiers pour y faire un match de foot, on offre aux montagnes qui nous entourent une séance gratuite de patinage artistique. Le bronzage aidant, Astrid ressemble de plus en plus a Surya Bonali et moi, ben je ressemble tellement a rien que je tends vers un Candeloro déguisé en Tarzan.

Lever_de_soleilAu col de Thadepati, le lever de soleil est une véritable merveille. Les premiers rayons surgissent de la chaine de l’Everest, notre prochain objectif. D’ici la, on rejoint Katmandou pour se reposer un petit moment et régler les problèmes de visas indiens pour notre future entrée au Sikkim. Pas de bol, l’administration indienne a Katmandou nous annonce un delai de 7 jours pour la délivrance du visa ! Ohhhh, quel dommage : il va falloir se reposer…

Alex

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04 janvier 2009

Bonne annee !!!


essai2

Le duo vous souhaite a tous de gravir de chouettes sommets pour 2009 !

Des bises des cimes...

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Noel dans l'Annapurna

Katmandou(Message redige par les parents du duo, a l'occasion des retrouvailles pour les fetes !)

Echarpes colorees et colliers de fleurs : accueil chaleureux du duo a Katmandou. Nous retrouvons une atmosphere proche de New Delhi : trafic intense, rues fourmillant de monde, tous meles, hommes, femmes, enfants, betail, camions, velos... sans la moindre gene, au rythme des klaxons. La nuit tombe alors que nous nous trouvons devant un stupa comme nous en verrons beaucoup au Nepal, surmonte de drapeaux de prieres, sous un ciel etoile. Magique !

Sans plus attendre, nous partons tous les cinq - le duo, Nicolas et nous deux - a Pokhara,Falaise point de depart de nombreux treks dans l'Annapurna, d'ou un car nous emmenera a Besi Sahar. Nous nous initions aux habitudes du duo qui vivent ainsi depuis 7 mois : Noodles (soupe chinoise) a midi, dal bhat (riz-legumes-soupe de lentilles) le soir et boisson a base de the. Lodges (gites) spartiates : demi-seau d'eau tiede pour la toilette et laver son linge. On s'y fait bien en serrant un peu les dents !

PorteurLa vegetation est surprenante : jusqu'a 3500 m, nous decouvrons les cultures en terrasses, pommes de terre, ble, orge, navets, ail, oignons... les arbres fruitiers produisant bananes, clementines, pommes. Nous traversons des forets de coniferes, verrons parfois des bucherons au travail, des femmes portent des charges tres lourdes a partir d'un turban entourant leurs tetes, leurs dos courbes... vie rude mais saine des montagnards.

Nous longeons des mani walls, murs de prieres graves de preceptes Mulesbouddhistes, des moulins a prieres, des stupas, portes d'entree des villages ornees de fresques. La progression se fait lentement mais surement jusqu'a 4000m au milieu de paysages enchanteurs et varies. Nous traversons des ponts suspendus, depassons dans des nuages de poussiere des troupeaux de mules chargees de ravitailler les villages.

LectureLes soirees sont consacrees a la lecture : Annapurna premier 8000 de M. Herzog, Sept ans d'aventures au Tibet de Heinriche Harrer, L'Aventureuse de Jack London et Voyage d'une parisienne a Lhassa d'Alexandra David-Neel donnant lieu a des echanges, comme nous avons pu en avoir aussi avec d'autres trekkeurs. Ce periple est riche en decouvertes et nous nous immergeons peu a peu dans ce nouveau monde.

Soirees de plus en plus froides, nuits souvent glaciales, nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage de bonne heure pour nous lever avec le jour, nous extasiant devant les premiers rayons du soleil sur les pics enneiges.

Le 24 decembre commence notre acclimatation a une altitude elevee : les plus hauts sommets defilent sous Noelnos yeux : dans l'ordre, Annapurna II, IV, III, Gangapurna, Tilicho. Le vent souffle de plus en plus. A Yak Karka, un bon lodge nous attend pour cette veille de Noel. Il est tot, certains s'evadent dans la nature, puis nous nous retrouvons autour d'un bon poele pour feter Noel, avec nos attentions particulieres. Bougies et guirlandes disposees par le duo, sauternes, foie gras, champagne et autres douceurs sorties des sacs. Les enfants offrent a leurs parents une polaire brodee : "Paddy trace" "Totty trotte" !

RedescenteBien vu car, apres une premiere tentative infructueuse due au mal des montagnes, c'est a dos de cheval que je franchis le col de Thorung La a 5400 m, suivie de pres par le reste de la cordee. Il fait -8, le vent souffle a 50 km/h, pourtant le ciel est d'un bleu mediterraneen !

La descente s'effectue ensuite en cinq jours, dans des paysages quasiment desertiques puis, a partir de 3000m, la vegetation devient beaucoup plus luxuriante. Thotong_LaDepuis le depart de ce trek, Patrick marche en tete tandis qu'une tendinite va m'obliger a rentrer trois jours plus tot en avion de Jomson.

Pari gagne, le 31 au soir, toute la famille se retrouve dans l'atmosphere joyeuse du "Street festival" de Pokhara. On l'avait bien merite, ce repos dans ce lieu touristique, mais absolument charmant !!!

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14 décembre 2008

En marche vers la civilisation

Surfant_sur_la_vague7 jours ? 15 jours ? Comme d’habitude, nous n’avons aucune idee du temps qu’il nous faudra pour parcourir cette derniere ligne droite avant Pokhara. Nous avancons a notre allure, un point c’est tout. Et faut-il que l’odeur des restos touristiques soit parvenu jusqu’a nos narines, ou peut-etre qu’Astrid soit pressee de retrouver son Nico, pour que l’on ne s’attarde pas dans ces montagnes…

Ca reprend rude : le Jangla La nous fait grimper de 2500m a Plateaula sortie de Dunai. Brrr… Retour au froid, aux torrents de glace qui barrent notre route, et aux bains geles. Entre deux cols a plus de 4500m, nous plantons la tente a l’abri d’un petit mur de pierres, en priant pour que les nuages du soir ne precipitent pas un metre de peuf pendant la nuit : sur ce haut plateau desert et magnifique, il faudrait bien chercher pour trouver un loueur de raquettes a neige. Pas de soucis : fidele a lui-meme, le ciel nepalais sera une fois de plus bleu au petit matin…

Lac_geleDans la vallee suivante, nous subissons les habituels aleas de notre carte peu precise… Entre gorges interminables et cols non signales, on a vraiment l’impression de ne pas avancer. Qu'a cela ne tienne, ca nous permet de profiter pleinement des chaines de montagnes alentours. Dhaulagiri (8000m), Putha Hyunchuli (7250m), Gurja Himal (7200m) : nous sommes perdus dans un décor de fous !

Peu avant de trouver un camp pour le soir, je tends l’oreille : un leger bruit a quelquMontee_glacialees metres du chemin que nous suivons a flan de montagne. Un oiseau ? Non. Je marque une pause d’une demi-seconde, et au moment de repartir, deux enormes "musk deers" (genre de gros chevreuils) surgissent en trombe d’un buisson qui domine le sentier. Ils sont emportes par leur elan et le precipice de la pente les amene a me froler d’un petit metre : j’en tombe sur le derriere. On s’amuse avec soeurette a nous imaginer le titre de l’article qui serait paru si je n’avais pas marque ce temps d’arret : “Assassinat animalier”, “Bouscule par sa viande favorite”, ou “Carambolage au Nepal”…

Au bout de cinq jours, notre chemin redescend dans un vallon rempli d’habitations. C’est l’heure du ravitaillement, nos estomacs vides hurlent ! Pourtant, malgre les dizaines de maisons, nous ne croisons personne… Le vallon Vallon_desertest desert. Les cabanes sont barricadees, les champs abandonnes, les shops vides, nos reves fous de manger un simple oeuf ou une orange aneantis. On se croit immerges dans un film cauchemardesque ou notre duo est le seul survivant d’un monde detruit. Dhorapatan, ville aeroport sur notre carte, nous redonne espoir : il y a de la vie ! Ca rechauffe le coeur de voir le monde bouger mais ca ne remplira pas notre ventre pour autant. Il faudra faire une croix sur l’orange et l’omelette, et se contenter de nouilles chinoises pendant encore quelques jours, quitte a les manger crues faute de petrole… Nous y apprenons que la plupart des habitants a deserte la vallee il y a quelques jours pour rejoindre une vallee adjacente, moins haute et donc au climat plus doux pour l’hiver. Les veinards…

A peine ralentis par cette petite frustration, notre estomac vide nous rendant un poil nerveux, nous reprenonFarniente_face_au_Dhaulagiris la marche, direction le Jalja La (3400m), a travers une foret de sapins. Un sanglier, que vraisemblablement nous n’effrayons pas le moins du monde, gambade quelque temps a nos cotes. Jolie compagnie. Peu avant le col, la foret se dissipe. Nous longeons la chaine des Dhaulagiri par le sud, et foncons droit sur les Annapurnas. Tous ces sommets s’offrent a nos yeux la-haut, nous redonnant un souffle nouveau. C’est fou comme dans ces moments la, on peut oublier tout petit tracas pour contempler pleinement ce décor exceptionnel. Nous sommes dans notreSourire_lumineux2 element.

Ressources, nous devalons la pente et salivons en chemin en faisant l’inventaire des detritus eparpilles sur notre sentier. Oh, un sachet de nouilles qu’on a jamais goutees ! Et la, un emballage de Snickers !!! On retrouve, a l’arrivee aux villages, les plaisirs les plus simples : un the sucre, une planche de bois qui fait office de lit, et meme… la fameuse orange tant convoitee !

A Dharapani, c’est la kermesse de l’ecole. Nous nous melons a la fete discretemeKermessent. Mais a cette saison, un Europeen a du mal a passer inapercu… En deux temps, trois mouvements, nous voila recouverts de colliers de fleurs, dansants sur scene sous une foule d’applaudissements !!! Des dizaines de Nepalais nous benissent par la puja hindoue, et nous passent autour du cou la fameuse echarpe blanche, en signe d’accueil. Que rever de mieux ? C’est ca, l’aventure au Nepal : les petits soucis sont vite oublies. Et les sourires et messages de bienvenue redonnent vite la peche !

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30 novembre 2008

Le Duo prend de la hauteur (et perd des degres...)

Apres la mousson en Inde, notre plus gros challenge au Nepal ? L’arrivee de l’hiver, ses temperatures glaciales et ses chutes de neige... Dur-dur de prendre les bonnes decisions sur le parcours a suivre quand la meteo se limite a observer le vol des hirondelles (il fait trop froid pour que les grenouilles pointent le bout de leur nez...).

Rara_lake

Apres quelques jours passes au fond des vallees, c’est le Rara Lake, sublime lac d’altitude, qui a signe notre retour au milieu des montagnes, les vraies ! Enfreignant la loi du parc naturel qui nous oblige a camper dans un enclos sordide pres d’un camp militaire, nous passons une de nos plus belles soirees au bord du lac a ecouter les oiseaux et a regarder les cimes se refleter dans l’eau limpide. Oui, on a des plaisirs simples !

Kagmara_La

Les deux cols qui nous separent de Jumla achevent de nous convaincre : la vue est epoustouflante, et l’on bave d’envie devant les cimes enneigees du Dolpo. Le Dolpo? Une region mysterieuse, difficile d’acces, cernee par les 6000 et peuplee de nomades a fiere allure. Impossible pour nous de passer a cote sans y mettre le pied !

image_debutProbleme : on est a sec niveau cartographie et ce n’est apparemment pas a Jumla que l’on trouvera de quoi rassasier Alex en cartes de la region. Car cette petite ville que l’on pensait touristique s’avere quelque peu decevante... L’unique guest-house du coin nous promet bien un allechant “24-hour hot shower”, mais il faudra se contenter de l’eau glacee du torrent car la salle de bain est en travaux. Il fait 0°C dans la chambre, l’unique telephone international de la ville est capricieux, quant a internet, meme pas en reve... Bref, dans l’Ouest nepalais, tout se merite ! Heureusement, par un concours de circonstances improbable, on finit par denicher une carte enfouie dans les paperasses d’une ONG locale. Ouf !

Reste un souci de taille : nous sommes fin novembre et, une fois n’est pas coutume, nous n’attendons pas les premieres neiges avec impatience... Les skis de rando sont restes a Combloux ! Or, des notre depart de Jumla, de gros nuages gris s’amoncelent, le thermometre affiche des temperatures negatives a 2500 m d’altitude et il souffle un vent a decorner les yacks... Gla-gla, le col a 5200 risque bien de nous passer sous le nez !

montee_au_colAlex, jamais a court d’idees pour corser un peu le periple, en profite pour se faire une entorse a la cheville. Heureusement, entre temps, la meteo s’est arrangee et le frerot a decide de se muscler un peu la cuisse droite en gravissant le col a cloche-pied. “Chouette, une marelle geante !”

Les paysages qui s’offrent a nos yeux nous font instantanement oublier les nuits passees a grelotter dans nos sacs de couchage, les repas frugaux et les descentes penibles pour le frerot eclope.

yacksContrairement a ce que nous pensions, nous ne sommes pas les seuls a emprunter les sentiers escarpes du Kagmara La. Sous nos yeux emerveilles defilent des centaines de yacks menes par de splendides cavaliers fuyant les temperatures extremes du Haut-Dolpo. On cesse definitivement de se plaindre du froid et de la faim quand on croise des bouts de chou de trois ans qui supportent sans broncher les rigueurs de l’hiver, parcourant des dizaines de kilometres par jour avec pour tout repas un peu de farine d’orge melangee a de l’eau (la fameuse tsampa deja goutee au Ladakh !).

sourire_nomade

Le tout avec le sourire... Costauds les graines de baroud’ au Dolpo, hein ?

Rédigé par Astrid et mis en ligne par Nico (le duo est déja en route depuis Samedi...) 

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29 novembre 2008

L'Himalaya version Nepal

IMG_0323Pour se deplacer au Nepal, il n’y a pas 36 solutions. Soit vous avez la chance d’etre pilote, l’avion et l’helico etant les seuls moyens rapides de rejoindre les regions montagneuses du nord, soit vous etes marcheurs. On met de cote les plaines du Terai, la frontiere sud, une des rares regions ou les infrastructures sont suffisamment developpees pour permettre au chauffeur de bus et de taxis de vivre correctement. De notre cote, on est plutot du genre marcheurs. Et ca nous va bien si les montagnes himalayennes du nord sont coupees du monde par des cols que seuls mules, yacks et hommes peuvent franchir.

IMG_0401Nous reprenons donc le chemin que nous avions quitte en Inde, a quelques kilometres de la, apres un detour de plusieurs centaines de kilometres pour regler les formalites administratives. Christophe Tattu nous a rejoints et nous accompagne pour ces premiers jours sur terrain nouveau, avec comme projet fou pour la suite de franchir illegalement la frontiere chinoise et entrer au Tibet interdit (son blog : http://lechantdutibet.over-blog.fr/).


IMG_0365Le grand ouest nepalais, on nous en avait parle, et on a terriblement aime ! Avec le nouveau gouvernement a majorite maoiste et la "demission" du roi cet ete, les maoistes ne sont plus “rebelles” : finies les “taxes solidaires” prelevees aux touristes de passage... Aujourd’hui, le grand ouest nepalais est le paradis du trekkeur !!! Assoiffes de sommets, nous commencons par remonter au maximum au nord vers les hauts massifs en gravissant le Pather Rashi, col a 4500m si peu emprunte qu’on se demande toujours si on a pris le chemin principal ! Une ascension digne de Gollum, si vous voulez...

La descente sur la neige, Christophe s’en souviendra : une glissade de 15m, avec atterrissage sur la caillasse. Aie !


IMG_0423Astrid, c’est la traversee de torrent sur rochers geles qui lui donne des emotions fortes. Son visage percute un rocher a pleine vitesse, le sang coule a flot en deux secondes... Mais quand on vient a son secours, elle a deja retrouve tous ses esprits et entreprend la fin de la traversee... Elle est givree, cette soeur. Une chance que ce ne soit que la levre qui ait ete atteinte. On ne se voyait pas faire trois jours de marche avec un nez casse pour rejoindre la premiere route qui mene a l’hosto... Un incident qui se termine avec une bouche digne de Pamela Anderson ! Quant a moi, c’est la recherche du chemin qui mene a Chainpur qui me brisera le moral : on se perd sur des sentiers si petits et si raides qu’on se surprend a imiter les chamois pour les emprunter.

Bref, si on rajoute a ca le coup de blues de la soeurette qui n’a pas vu son Nico depuis deux mois et demi, c’est pas gagne. Et quand on decide de se reposer dans une ville pour reprendre notre souffle, on se paie douze heures de bus sur la pire route du Nepal pour une distance de 80 bornes (vive la marche a pied ; ca va aussi vite et c’est plus confortable !). Le trio est sur les rotule ; ca commence plutot rude. Mais c’est sans compter sur l’accueil exceptionnel que l’on recoit des locaux. Ca motive plus que tout et ca nous donne la peche pour reprendre la route. Christophe, le vaillant toujours en tete, ecourtera son periple ; la marche a pied en solitaire, ca n’est pas facile et quand on voit les frayeurs qu’on a eu recemment, on se dit qu’on etait pas trop de trois pour se serrer les coudes !!!

Chemin


Enfer et damnation cependant, notre trajet a pied sera interrompu : pas moyen qu’on se retape 12h de bus dans l’autre sens. On accepte de couper le fil, mais dans ce cas, pour la peine, on fait plus long, ok ? Reposes, nous rechaussons nos grolles le jour de l’anniversaire d’Astrid au sud du Khaptad National Park, et c’est un nouveau depart. Impossible de se perdre, ici ; les chemins sont si evidents qu’il faudrait etre miro pour les louper. Dans le Khaptad, a part un chevreuil et un renard, nous ne croiserons personne. Pas la peine de baver, on a beau leur courir apres, on n’aura meme pas reussi a les attraper pour les cuisiner !


FoinSur les hauteurs, le foret dense se degage et nous offre une vue magnifique sur les sommets alentours. Nous jubilons. Et quand il faut redescendre du plateau du Khaptad pour reprendre (enfin !) la direction de l’est, nous croisons toujours quelqu’un poste la au bon moment pour nous indiquer notre route. C’est bien fait, quand meme, hein ? Village apres village, nous tracons, heureux de croiser tant de monde, meme si nous ne depasserons pas les 3000m d’altitude pendant quelque temps... La vie grouille, ici. Les champs sont beches une nouvelle fois pour une ultime semence avant l’hiver, le foin est ramene au bercail a dos de femmes et enfants, et on fait les provisions de bois pour l’hiver. Les cultures ? Haricots, riz et pommes de terre, evidemment, pour l’irremplacable Dhal-Bhat-Tharkari midi et soir. Egalement du mais et du ble pour la farine, ainsi que de la moutarde pour faire de l’huile. Le lait est local bien sur, et la laine est filee a la mano des qu’on a un peu de temps a tuer. La vie serait presque autarcique s’il ne fallait pas revendre sa production de cannabis pour gagner quelques roupies afin de s’acheter vetements, chaussures ou medicaments. Bref, la vie est simple, mais heureuse.

Et nous dans tout ca ? Et bien nous baignons la-dedans, satisfaits, coupes du monde pendant ces quelques semaines. Car si ca ne repose pas les papattes tous les jours de traverser l’Himalaya, ca repose au moins l’esprit !

Texte rédigé par Alex et mis en ligne par Nico

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